Dgenane Zephir Bouchard est haïtienne d’origine. Elle est née et a grandi à Port-au-Prince, Haïti. Elle y a effectué ses études primaires et secondaires, respectivement à L’Institution Sainte Rose de Lima et au Collège St Louis de Bourdon. Puis un double baccalauréat en Sciences économiques à la FDSE et en sciences Comptables à l’Université Quisqueya. Elle intégra l’ordre des comptables professionnels agréés d’Haiti en 2004.

En 2005, après avoir échappé à une tentative de kidnapping, elle laisse Haïti seule pour venir s’établir à Montréal. Afin de mettre à jour ses connaissances et rester compétitif sur le marché du travail Québécois, elle a obtenu en 2008 un diplôme en Comptabilité à l’Université McGill et en 2010 un DESS en Comptabilité Publique au HEC de Montréal.

En janvier 2009, Dgenane arriva à Sept-Iles pour la première fois afin d’effectuer un stage de 4 mois au Cabinet Comptable Mallette, pour répondre aux exigences du HEC de Montréal . Ce qui lui donna la chance de découvrir la beauté et la richesse naturelle de la Côte-Nord.

Après ce stage, elle retourne à Montréal compléter ses études au HEC et les examens de l’Ordre des CPA. Depuis 2011, elle est inscrite comme membre actif au tableau de l’Ordre des Comptables Professionnels Agréés du Québec. Par la suite, elle revient s’installer à Sept-Iles, quand un poste permanent au cabinet Comptable Mallette lui a été offert.

A Sept-Iles, Dgenane a travaillé de 2011 à nos jours comme Comptable Agréé au Cabinet Mallette, à la Commission Scolaire du Fer et au Transport Ferroviaire Tshiuetin. Au cours de cette période et pour répondre aux nouveaux défis du marché, elle compléta un MBA en Administration des Affaires, via un partenariat de l’UQAC avec le Cégep de Sept-Iles.

Aussi, elle participe à la vie sociale de la communauté de Sept-Iles, notamment comme : Catéchète, Trésorière de l’Association Intercuturelle de Sept Iles jusqu’en 2019, ancienne membre de la Jeune Chambre de Commerce et organisatrice de marchés artisanaux depuis 2017. Les activités de loisir découvertes à Sept-Iles sont : ski de fond, golf, raquette, quilles, camping rustique, peinture, artisanat.

Catéchète depuis 2011, Dgenane a contribué, de concert avec les prêtres et d’autres bénévoles, à l’accompagnement annuel d’environ une centaine de jeunes de 11 à 14 ans dans leur cheminement au sacrement de la Confirmation, à l’Eglise St Joseph. C’est à chaque fois un cheminement autant pour le jeune que pour elle, car ils s’échangent mutuellement de beaux moments de leur vie chrétienne.

Depuis 2017, Dgenane est aussi créatrice et propriétaire à Nane Kreation, une entreprise de bijoux artisanaux et accessoires. Elle organise à Noël et à l’été, via son entreprise, un marché qui regroupe plus d’une vingtaine d’artisans de la Côte Nord. Ayant à son actif 5 marchés, elle se voit à chaque fois dans l’obligation de refuser des artisans car c’est difficile de trouver un local capable d’accueillir autant de kiosques. Ces marchés permettent aux artisans de rentabiliser leur art tout en permettant à la clientèle de se procurer des articles originaux. Pour Dgenane, cette activité est une très grande fierté car elle permet d’encourager l’artisanat sur la Côte Nord et en un certain sens la production locale.

Côté familial, Arrivée seule à Sept Iles, elle rencontra en 2014 par le biais d’amis communs le Septilien Germain Bouchard. Ils se sont mariés un an plus tard. De leur union, sont nées fin 2019, les jumelles Christine Tahlia et Myriam Dahlia. Dgenane a dû mettre sur la glace ses activités professionnelles, sociales et artistiques afin de prendre soin de ses deux filles qui sont arrivées au cours de la période pandémique.

Selon Dgenane, son déménagement au Québec lui a permis d’avoir une vie plus sécuritaire et une meilleure stabilité. Son choix de vivre à Sept-Iles lui a permis de créer une nouvelle famille et de tisser des liens. Quoique ce choix, l’a privé de la proximité avec les grands centres, mais elle est bonifiée par une vie plus tranquille, de beaux paysages, le plein air à deux pas de sa maison, l’accessibilité à de nombreuses activités familiales et tout ça loin du trafic des grandes villes.

  • Nnaemeka Ali, O.M.I


La théologie [chrétienne] n’est pas une discipline coulée sur le marble. Elle est une réflexion, une relecture, une reinterprétation évolutive de la rencontre entre un peuple et leur créateur; une relecture de la manifestation de Dieu dans un milieu et moment historique précis, et à la lumière de l’expérience des premières communautés chrétiennes. Dans ce texte que nous analysons, Claude Geffré nous fait un parcours historique du chemin théologique.

La théologie selon ce texte n’est pas une discipline qui se limite ni à la répétition des dogmes ni à la lecture aveugle de la Bible. C’est un processus qui permet aux théologiens de comprendre leurs expériences de Dieu à travers une analyse contextuelle de cette expérience à la lumière de celle des autres qui les ont précédés sur le chemin de la foi.

Claude Geffré, Croire et Interpreter, le tournant herméneutique de la theologie, Ed. Du Cerf, Paris, 2001, pp. 7-38.

Dans ce texte de Claude Geffré, nous découvrons une dimension herméneutique de la théologie. L’auteur qui a déjà publié d’autres traités de la théologie en occurrence Le Christianisme au risque de l’interprétation (1983), se donne la tâche de démontrer que la théologie contemporaine n’a pas d’avenir si elle ne prête pas le chemin herméneutique. Dans son ouvrage, Croire et Interpréter, (2001), il fait un constat important. Il souligne que, contrairement à ce qui se dit sur l’herméneutique, elle n’est pas une branche de la théologie, mais plutôt « le destin même de la raison théologique dans le contexte de pensable contemporain » (7). Pour longtemps, soutient-il, le scholasticisme a emprisonné la théologie dans la métaphysique. Et dans son état d’emprisonnement, la théologie a été obligée d’adopter l’objet pensant comme point de départ — « il n’y a pas de compréhension du passé sans précompréhension et sans l’interprétation vivant de soi » (7). Cette forme de théologie s’est perpétuée à travers la méthode qu’il appelle dogmatiste (16).

Face à tout cela, il propose l’hypothèse selon laquelle la théologie doit « tirer les conséquences de la différence entre une compréhension métaphysique et une compréhension historique de la réalité » (13). Pour Geffré, la théologie n’est pas une simple spéculation d’un sujet sur une donnée de foi, mais plutôt une dialectique entre une compréhension métaphysique de la foi et la compréhension historique de cette donnée de la foi. Une compréhension historique non pas seulement au sens de passé, mais aussi dans le contexte du croyant — « une dimension intérieure de la raison théologique ou encore un nouveau paradigme… » (11).

Et puis, Geffré propose d’examiner l’approche herméneutique de la théologie en appliquant une méthode de synthèse (10). Il puise abondamment des œuvres de Paul Ricœur et d’autres phénoménologues.

Geffré ne prétend pas être l’initiateur de l’herméneutique comme méthode en théologie, car il reconnaît que, dès le début du Christianisme, l’herméneutique a toujours été appliquée dans toutes les lectures interprétatives de l’expérience chrétienne (11).

Pour développer sa pensée, Geffré constate que pour parler aux gens d’aujourd’hui, la théologie devrait prendre sa distance non pas seulement de l’ancienne métaphysique, mais aussi de la philosophie du sujet (12). Autrement dit, la théologie contemporaine, surtout parmi les théologiens catholiques, est appelée à se libérer du néoscholasticisme et de la théologie positiviste.

D’ailleurs, Geffré soutient que la théologie a toujours été une réinterprétation de l’expérience de Dieu ; « un discours qui réfléchit sur le langage sur Dieu, un discours sur un langage qui parle humainement de Dieu. » (14). Et, parce que la théologie est un discours sur le langage sur Dieu, les théologiens ont besoin de toujours distinguer entre la parole de Dieu comme une expérience de Dieu, et le canal à travers lequel elle se présente (17). Ici, Geffré applique l’herméneutique textuelle de Ricœur (23-27). Il explique que les théologiens ont la tâche de réinterpréter les textes classiques — les écritures, les écrits des grands penseurs chrétiens tels qu’Augustin et Thomas, etc.

Et pour être fidèles dans la relecture, ou la réinterprétation de la Parole de Dieu, les théologiens sont appelés à considérer la relation, entre l’expérience de la première communauté chrétienne, l’expérience de la communauté chrétienne d’aujourd’hui et leurs contextes historiques (20).

Parmi les apports de Geffré, c’est d’avoir clairement démontré que l’herméneutique théologique ouvre la porte aux praxis. Geffré va même plus loin pour appeler l’herméneutique : « un lieu théologique » (32-33).

  • Nnaemeka Ali, O.M.I

Les autres étoiles, même si elles brillent très fort, n'estomperont jamais l'Alpha Ursae Minoris -- l'étoile polaire

Un jour, j’ai eu la visite de ma famille de Malio. J’étais à Ekuanitshit. Timak venait juste de m’apprendre à faire la pizza. Je voulais donc les impressionner. Ça ne faisait pas encore longtemps depuis mon arrivée dans la communauté. Je suis donc allé acheter des peppéronis au dépanneur de la communauté. Et comme il n’y avait pas de peppéroni là-bas, j’ai acheté du Baloney. J’étais bien fier d’avoir réussi ma pizza. Et puis, ils se sont mis à manger avec appétit. Je me réjouissais intérieurement car Timak semblait aimer ma pizza. Et tout d’un coup, il me demande ce que j’avais mis dans la pizza. Je ne connaissais pas encore bien la différence entre le Baloney, le peppéroni, et le salami. Je sors donc le reste, et c’était bien du Baloney. Il riait toute la soirée de ma pizza au Baloney. « C’était du jamais vu, qu’il me disait ! »

J’aurais beaucoup d’autres histoires à raconter sur Timak, mais je sais que tous ceux et toutes celles qui l’ont connu ou côtoyé auraient aussi tant de choses à dire sur ses histoires qui ne finissent jamais. Tout le monde sait que Timak avait toujours une histoire à raconter.

Si vous l’avez croisé dans sa cantine (Cantine TIMAK), ou encore lors de ses moments de paparazzi, dans une activité culturelle, ou une rencontre spirituelle, etc., vous aurez déjà eu l’honneur d’écouter ce grand conteur. Il avait une histoire pour chaque événement.

Depuis que je l’ai connu, on a toujours été content de se voir. Et il avait toujours une nouvelle recette à me faire goûter, et surtout une histoire à me conter. Maintenant, je suis presque sûr qu’il est en train de raconter des histoires aux gens qui ont tout le temps pour l’écouter.

Timak, je joins ma voix à celle de toute la famille Vollant pour te remercier pour tout ce que tu as été pour eux, pour moi, et pour toute la communauté. Ta porte était toujours grandement ouverte pour moi, et toute ta famille est devenue la mienne depuis que j’ai été (quasiment) adoptée par ta famille. Ton départ est difficile à comprendre, mais qui a dit qu’on peut comprendre la mort ? Une chose est, toutefois, claire : tu mérites ce repos que le Créateur vient de t’accorder.

L’hiver te sera désormais agréable, et le Nord, la terre sacrée de tes ancêtres, près de ton cœur nomade. Cette cinquième saison dans laquelle tu viens juste d’entrer, le chemin rouge te l’a aussi préparée d’avance. Regarde en avant, et tu verras l’étoile du Nord. Il te guidera vers d’autres gens qui t’ont précédé. Écoute bien, et tu entendras atikut, uapushat, mashkut, maikana, etc., te dire Kuei, Timak, bon retour au Nuitshimit, où tu as toujours été attendu depuis ta naissance. Tu peux sembler presque absent, aujourd’hui, mais quand une étoile s’éteint, elle laisse toujours la trace de son existence.

Les nombreux voyages que tu as organisés pour les jeunes, ainsi que tous les temps que tu as investis pour ta famille, ta communauté, ta culture et la spiritualité, te serviront de mot de passe pour entrer dans ton nouveau chez toi. Et, pour nous, la trace de ton passage dans cette partie de Nitassinan.

Je t’ai écouté parler, une centaine de fois, de ta foi en humanité ; de ton profond respect pour le sacré et la diversité de voies menant à Dieu, de ton respect pour les valeurs de ton peuple ; et ton respect pour le sacré se faisait régulièrement ressentir.

Que les ancêtres t’accueillent avec beaucoup de joie dans ce territoire céleste et nordique. Et que le visage du Grand Esprit t’illumine le chemin.

Vas-y, Marc, repose-toi auprès de ton Créateur, mais n’oublie pas de nous envoyer tes photos de temps à autre.